29.05.2007
old folks never die
"Avec nos ainés"
16 avril 2007 publié sur merer.org
Dans notre département, entre 2000 et 2020, le nombre de personnes de plus de 60 ans augmentera de 31%, celui des personnes de plus de 84 ans de 65%...
Il y a là deux axes déterminants pour le futur député: comment entourons nous les anciens, comment procurons nous des emplois aux jeunes.
Commentaire non censuré
L'armada de l'amiral est en désordre de bataille.
Le gros de la flottille tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge: sieur Juppé, dame Lamour, les adversaires du scrutin électronique, les ratons laveurs… tandis que le chef lui, du haut de son "site.org", nous joue le petit couplet des "aînés" avec des trémolos dans la voix. C'est l'effet "Pentecote", faut avoir l'air de bosser, mais pas pour des figues.
Ce n'est pas qu'il est désagréable d'entendre un guerrier découvrir enfin l'existence d'une population qui souffre plus que d'autres, mais ça sonne un peu faux. Chacun a bien compris qu'il faudra faire des choix entre s'occuper des anciens et s'armer au-delà du raisonnable. Les ennemis "héréditaires" ont disparu et il ne nous reste plus que ceux que l'on va chercher au fond de l'Afrique, et encore pas n'importe où. Les "vieux" sont bien là eux, et le seront de plus en plus, d'autant qu'en 2020, l'amiral en fera sans doute partie.
Ça sonne faux car la vidéo de 40 secondes exposant la question a manifestement été tournée à la suite de celle de plusieurs minutes où il rappelle que le second porte-avions est indispensable, tout comme quelques frégates et autant de sous-marins. Sachant que les armées de terre, de l'air et les services communs ont vraisemblablement de telles priorités intangibles, et vu l'état des finances de ce beau pays va-t-en-guerre, il y a de fortes chances que l'ont creuse encore un peu les déficits pour satisfaire les généraux de tout poil. Les grabataires attendront que les étoilés le soient!
Ça sonne faux car les thèmes "santé" et "social" représentent environ 0,5% des questions abordées sur le "site amiral" et 0% sur les sites accessoires. Pour une raison bien simple dont il ne fait d'ailleurs pas mystère: l'amiral est un expert de géostratégie, des mers lointaines et des armements navals. L'adage selon lequel les marins ne connaissent des pays que les ports s'applique ici dans toute sa splendeur. Les vieux, c'est fait, passons à autre chose.
Alors, il y a fort à parier que le candidat s'intéresse peu aux questions qu'il nous pose: "quoi faire des anciens?" et "quoi faire des jeunes?". Service minimum! On pourrait lui souffler que les premiers sont un gisement d'opportunité pour les seconds et que l'aide à la personne restant à domicile constitue sans doute une foultitude de métiers en devenir. Qu'il faudra bien multiplier les centres de soins de suite ou de longue durée, et donc les personnels médicaux et paramédicaux qui vont avec. Qu'il est nécessaire d'aider les aidants par nombre d'allègements fiscaux vu ce qu'ils font économiser à la collectivité en se dévouant corps, finances et âme à leurs aînés… Mais cela demande un investissement à la hauteur du problème et il n'est pas certain que nous puissions mener de front le rayonnement de la France sur toutes les mers du globes avec le rayonnement de ceux dont le travail et l'abnégation ont fait la richesse du pays. D'ailleurs vite dilapidée si l'on en juge par le niveau de la dette, la dynamique faillitaire des caisses de retraite et le gouffre de l'assurance maladie.
Avant d'expédier au palais Bourbon un expert qui joindra sa voix au concert de lamentations du lobby militaro-industriel, que les électeurs de 50 ans réfléchissent à ce dont ils auront le plus besoin dans les 30 années qui viennent.
clauswald
07:49 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.05.2007
La charge de la brigade légère
Y a-t-il du rififi dans l'équipe sauvage?
On pourrait le soupçonner en ouvrant les quotidiens régionaux et en découvrant une sorte de charge héroïque autant que solitaire de deux "équipiers" contre un membre du gouvernement de Sarkozy.
Les impétrants accusent le ci-devant ministre de l'écologie de prendre Brest pour la poubelle de Bordeaux . On ignorait à ce jour que cette bonne ville du sud ouest était peu ou prou propriétaire de l'épave de feu le Colbert, désignée sous l'appellation assez irrespectueuse de "déchet qui gâche le paysage".
La présence de cette ancienne gloire de la royale sur les quais de la Gironde était surtout le fait d'une association qui a sans doute baissé les bras au fur et à mesure que le coût d'entretien grimpait sur une pente inverse à celle de la fréquentation "touristique". Fallait-il le laisser couler sur place ou le remorquer au large pour en faire un récif? Difficile à dire quand on n'est pas soit même un expert en la matière.
Quoiqu'il en soit, la ligne politique de l'équipe "Merer" est difficile à suivre puisque le candidat "néo centriste" a ouvertement appelé à voter Sarkozy au second tour, ce qui laisse quand même imaginer un penchant favorable pour ce dernier. On peut se demander pourquoi s'en prendre à Juppé dès lors que ce dernier est la suite logique du pouvoir sarkozien.
Il en va de même de l'attaque directe contre Marguerite Lamour, la candidate UMP et députée sortante UMP (et d'ailleurs ex-UDF, c'est-à-dire cousin germain quoi).
Avec des amis pareils, il n'est nul besoin d'avoir des ennemis et le succès de l'actuel maire de Brest apparaît non seulement inévitable, mais surtout souhaitable.
Car cette virulence augure mal des tractations du second tour où l'amiral appellera naturellement à voter pour dame Lamour, qui retrouvera ainsi, et comme par enchantement, toute sa pureté originelle.
Alors les électeurs seront priés d'oublier la prétendue "inaction parlementaire" et son (triste) "bilan éloquent" afin de lui permettre de poursuivre encore cinq ans dans cette voie et pour le bonheur de tous.
En fin connaisseur, non de la chose politique, mais du combat naval, telle est sans doute la raison pour laquelle l'amiral dépêcha ses deux barcasses tirer une bordée sur le flan gauche de sa future alliée, mais sans appui feu de ses sites terrestre de propagande officielle. On sait jamais.
A moins que les jeunots n'aient simplement fait, là encore, que preuve d'indiscipline.
Clauswald.
19:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2007
Fluctuat nec mergitur
publié sur www.merer.org le 21 mai 2007
"C’est à tous les marins, à tous les hommes disparus en mer que l’on rend hommage aujourd’hui…
Enjeux diplomatiques, de défense et de sécurité: notre Marine doit être sur tous les océans, pour marquer la présence de la France, y défendre nos intérêts et ceux de l’Europe…"
Rien de plus beau et de plus naturel qu'un hommage. C'est un moment où le souvenir de ceux qui ont été vous renvoie immanquablement à celui que nous laisserons. Et donc à ce que nous sommes.
Notre société a privilégié le loisir, le repos compensateur, les assurances sociales et le repli prudent face au danger. Pour l'avenir immédiat nous comptons excessivement sur notre descendance alors qu'il y a un siècle à peine on se tuait au travail (ou s'entretuait!) pour nos enfants.
Cette civilisation du "carpe diem" s'inscrit logiquement sur le moyen terme face à d'autres civilisations pour lesquelles le passage terrestre constitue nécessairement un moment de combat vers un avenir radieux. Si nos aïeux nous ont légué un empire colonial sur lequel le soleil ne se couchait jamais, des industries de pointe et une économie florissante nous laisseront un territoire national parsemé de zones de non droit, des friches industrielles à dépolluer, des millions d'anciens sans ressources et des dettes abyssales.
Engloutissant nos revenus dans le confort et la tranquillité du présent, nous entendons poursuivre l'affectation de sommes pharaoniques à notre rayonnement mondial et intervenir partout où ça va mal, si possible en temps réel.
Car il en va de la grandeur de la France…
Un premier ministre socialiste a pu dire que la France ne pouvait (plus) accueillir toute la misère du monde, il est temps de proclamer qu'elle ne peut (plus) s'occuper de toute misère de par le vaste monde, et surtout à crédit. Après tout, des pays immenses en forte croissance ont autant vocation à sécuriser les recoins de la planète que nous et notre présence insistante avec des moyens réduits finira dans le pathétique. Dès à présent, les crises devront être programmées en fonction des indisponibilités du porte-avions…
Quant à l'Europe, si elle veut régner sur les mers du globe, fusionnons les dépenses au prorata des populations et non de l'étendue de frontières maritimes par définition communes.
Charité bien ordonnée commence par soit même. Comment peut on constater l'état de déliquescence des maisons de retraite, tout en sachant que les besoins vont s'amplifier, et poursuivre cette frénésie de missions lointaines dont les ouvrages littéraires étoilés semblent constituer l'unique retour personnel sur investissements collectifs? La grandeur se mesure aussi à la façon dont nous traitons nos anciens.
"C’est notre histoire…" nous enseignent l'amiral qui veut "mettre du sel à l'Assemblée"
C'est surtout du passé!
Et même si nos vétérans peuvent en être fier, il est temps de cesser de rêvasser au retour des splendeurs d'antan. Nous n'en n'avons plus les moyens. Occupons nous des réalités qui vont nous étouffer, avant que nos créanciers ne s'occupent de nous. Ne rajoutons pas des dettes supplémentaires au passif existant mais consacrons l'essentiel du disponible à la survie nécessaire, au redressement possible, puis, en fonction du superflu éventuel, à épater les autres aux quatre coins du monde.
Quant au sel de l'assemblée, il serait prudent de laisser l'amiral à ses livres et à son jardin, sans lui donner les moyens d'engager d'autres frais pour son rayonnement…
Après tout, s'occuper de leurs enfants et de leurs parents avant de songer à la gloire n'est-il pas le meilleur hommage posthume qu’on puisse rendre aux marins?
Clauswald
11:37 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note







